Ce Jeudi est célébré le magal de Porokhane: Mame Diarra Bousso une femme de droiture et de servitude à son mari.

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Sokhna Mariama Bousso dite Mame Diarra naquit en l’an 1250 de l’Hégire (1833) de Serigne Mouhammadou Bousso et de Soxna Astou Waalo Mbacké. Elle disparut en l’an 1283 (1865). Soxna Diarra descend de par son père de Hassan, petit-fils du Prophète (PSL). Sa mère Soxna Astou Waalo, qui vécut cent trente huit (138) ans, enseignait le Coran. On raconte à son sujet qu’elle récitait depuis l’age de trente ans, chaque nuit, tout le saint Coran en huit (8) Rakkas.

Le Magal de Porokhane est célébré ce jeudi 02 mars pour l’édition 2017. Une cérémonie dédiée à la mère Cheikhoul Khadim, fondateur du Mouridisme.

Elevée par ses deux parents, Mame Diarra restitua à dix (10) ans oralement et par écrit tout le Coran. A dix-neuf (19) ans, elle termina l’étude des sciences religieuses comme la théologie et la jurisprudence et fit, à vingt (20) ans, ses premiers pas sur le dur chemin du soufisme. Avec l’aide de DIEU, elle franchit la dernière étape symbolisée par l’âme parfaite (Nafsun kaamila).

Eduquée dans cette atmosphère de piété et de spiritualité, Soxna Mariama fit de la prière, du jeûne, des dons pieux et du travail, son viatique. En tout temps et en tout lieu, elle obtempérait aux prescriptions divines, source de bénédictions et de félicité et évitait tout interdit, source d’immoralisme et de déchéance. De même, elle accomplissait consciencieusement ses devoirs conjugaux et sociaux.

Boroom Poroxaan se singularisa ainsi au sein de sa famille par sa douceur, sa gentillesse, son affabilité et sa disponibilité envers grands et petits. Le décret divin, qui est à l’origine de tout, lia cette sainte créature au grand érudit et homme de Dieu le Cadi Momar Anta Saly Mbacké. Ils eurent quatre enfants : Serigne Mame Mor Diarra, Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme et Serviteur du Prophète (P.S.L); Serigne Abiboullahi et Sokhna Khady qui disparurent dès leur jeune âge.

L’hagiographie de Serigne Mame Mor Diarra dit Boroom Saam qui priait cent (100) Rakkas la nuit, suffit comme preuve de la dimension exceptionnelle de Soxna Diarra et de son illustre fils Cheikh Ahmadou Bamba, à qui il finit par faire acte d’allégeance et dont il était pourtant le frère aîné!

Certains biographes de Mame Diarra soutiennent que c’est son père Serigne Mouhammadou Bousso qui sut dans un songe que de Sokhna Diarra naîtra le Pôle de tous les temps. Il donna alors la main de sa fille au Cadi Serigne Momar Anta réputé pour sa probité morale et sa piété.

Cependant d’autres soutiennent que c’est Sokhna Anta Ndiaye Mbacké (mère de Serigne Gaawaan) qui conseilla à Serigne Momar Anta, son époux, de prendre pour deuxième épouse Sokhna Mariama Bousso, eu égard à ses nombreuses qualités.

La célèbre anecdote selon laquelle elle passa une nuit entière sous la pluie attendant jusqu’aux premières lueurs de l’aube l’ordre d’abandonner le pan de clôture que son époux lui avait demandé de tenir, est restée vivace dans nos esprits.

De même, la majeure partie de ses contemporains certifia que Sokhna Mariama Bousso ne demandait jamais à son époux de l’argent pour la subsistance de la famille. Elle se débrouillait en cas de difficultés, selon ses propres moyens, pour assurer les repas quotidiens, parce qu’ayant l’intime conviction que de l’ampleur des sacrifices consentis, dépendront la grandeur et la bénédiction de sa progéniture. Serigne Moussa Kâ raconte qu’un jour elle est allée même jusqu’à mettre ses bracelets en gage auprès de la femme qui lui fournissait du lait caillé qu’elle s’était fait un devoir de servir quotidiennement à son époux.

Sokhna Diarra détenait par-dessus tout une force spirituelle rare chez une femme, force qui lui permit de percevoir très tôt et de taire les miracles qui se manifestaient en la personne de son fils Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul.

Elle fit même tout pour les cacher à son entourage et ne finit par s’en ouvrir – sur son insistance! – qu’à son oncle Tafsir Mbacké Ndoumbé qui avait perçu chez son jeune neveu des signes et des dons exceptionnels.

Le surnom de Diâriyatul Lâhi (Voisine de DIEU) qui donnera le diminutif Mame Diarra que lui valurent ses nombreuses qualités spirituelles et humaines, est attribué à juste titre à cette vertueuse créature qui vécut et se complut, sa vie durant, dans l’entretien de relations conviviales et chaleureuses avec tout son entourage.

Assurément, Sokhna Diarra mérite tous les égards et les hommages que lui rendirent hommes et femmes de plusieurs races et ethnies de tous horizons et surtout ceux des poètes comme Serigne Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté. Le premier lui lance cet éloge:  » Tu étais l’épouse modèle quand les autres étaient source de soucis. O championne, tu triomphas dans l’arène où exultaient les fils des différentes épouses dites vertueuses. C’est pourquoi leurs fils se font domestiques alors que le tien se tient, lui, sur un piédestal« . Sur la même lancée, Serigne Moussa renchérit : « Tu fis ce que nul ne fit ni ne put. C’est pourquoi nul n’aura après toi une telle récompense, O Mame Diarra« .

Quiconque se rend dans sa ville de Porokhane, où elle repose, avec sa grande mosquée, son imposant mausolée et son Magal annuel uniques pour une femme dans l’Islam et son institut islamique qui accueille des centaines de jeunes filles toutes homonymes de la sainte mère de Serigne Touba, se rendra à l’évidence.

C’est l’occasion de rendre hommage au regretté Serigne Moustapha Bassirou Mbacké dont les réalisations immenses à Porokhane connurent leur consécration avec l’édification d’une résidence Mame Diarra qui abrite plusieurs appartements qui portent les noms de la famille de Cheikhoul Khadim.

Serigne Mbaye Diakhaté, quant à lui, s’écria:  » Tu n’étais point usurière et tu n’étais point source de conflits. Tu ne disais que la vérité et tu t’y astreignais. Permets-moi, Bousso, que je te tire la révérence« .

Si « l’immensité du résultat » obtenu en une si courte vie (33 ans seulement!) devant « la petitesse des moyens permet de mesurer la grandeur » de Sokhna Diarra, tenter de suivre ses traces nous permettra, à nous autres jeunes femmes mourides, de poser le pas sur le chemin qui nous mènera vers l’ascension spirituelle.

LERAL

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