Contribution de Samba Diamanka : Ousmane SONKO de Pastef, notre René Maran est né !

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Nous sommes en 1912, un Noir d’origine guyanaise du nom de René Maran débarque en Afrique précisément en Oubangui-Chari, l’actuelle Centre-Afrique pour occuper son poste d’administrateur colonial. Ce haut-fonctionnaire de l’administration gagnait sa vie aisément jusqu’au jour où il osa publier en 1921 un roman qu’il intitula Batouala dans lequel, il dénonçait férocement et vivement le pouvoir colonial au pays de David Dacko. Il fut alors démis de ses fonctions. Ne pouvait-il pas garder le mutisme sur les crimes coloniaux perpétrés devant lui en Oubangui-Chari et poursuivre une belle carrière d’administrateur dont les échelons n’attendaient que son seul silence? Pardi, il pouvait le faire. Mais, il avait choisi la voie de la Vérité et celle de défendre le peuple opprimé. C’est dans cette perspective que s’inscrit Ousmane Sonko, l’ancien inspecteur des Impôts et des Domaines du Sénégal. Je ne cherche et n’envisage nullement à faire un discours laudatif à l’endroit de cet homme. Mais les sacrifices qu’il a acceptés pour l’émergence et la bonne gestion des ressources de sa nation, son Sénégal, notre Sénégal à nous tous, ne peuvent me laisser indifférent. Qui comme lui occuperait une fonction aussi haute qu’un inspecteur des Impôts et des Domaines et oserait critiquer l’État pour la mauvaise-gestion des ressources du pays ?  Qui comme Sonko sacrifierait son travail pour l’intérêt général de tout un peuple ? Qui comme lui oserait révéler les dessous des cartes de l’État ? Loin de dire qu’il est unique, j’affirme cependant avec la certitude qui est le lot de toute vérité que les gens comme lui sont aussi rares que le Graal. Parce que dans ce monde, les crimes les plus odieux relèvent du goût ardent de la richesse. Certains hommes sont prêts même à marcher sur des cadavres pour gagner de l’argent afin de se faire la belle vie. Et d’autres, par peur de perdre leur emploi, préfèrent sceller leurs bouches devant un gouvernement qui, tel Cronos, dévore ses valeureux fils, ruine et détruit les ressources d’un pays pouvant se permettre tous les caprices sauf la gabegie. Mais des gens véridiques et intrépides comme Ousmane Sonko s’engageront toujours à dire la vérité, car celle-ci – pour paraphraser Jean-Louis Moré –, est la mère de la bonne foi et la sœur de la justice. La justice et la bonne foi : voilà les seuls défauts qu’on pourra jamais reprocher à Ousmane Sonko. Il est un homme imbu de valeurs morales, un fervent défenseur des causes nobles de sa communauté. D’ailleurs, dans l’avant-propos de son livre intitulé Pétrole et gaz au Sénégal chronique d’une spoliation, Ousmane Sonko souligne : « Ma vie [est] un engagement au service des causes (…) nobles et justes pour la communauté ».

Il est donc aisé de comprendre pourquoi l’auteur de l’ouvrage Pétrole et gaz au Sénégal s’est revêtu de sa casquette d’inspecteur pour non seulement entretenir « un débat contradictoire avec [ l’actuel régime] sur des questions de gouvernance et de politique qui (…)fâchaient autant qu’elles révélaient les mauvaises pratiques étatiques », mais aussi d’interpeller la communauté sur la mauvaise gestion des ressources de notre pays, le Sénégal. C’est la raison pour laquelle, dans « un document intitulé l’Appel aux Patriotes », l’intrépide défenseur de son peuple s’interroge et interroge ses concitoyens:

De quoi Sénégal est-il nom ? Est-ce le nom du pays de l’argent facile admis comme ascenseur social, du verbe facile au détriment de l’action concrète, du paraître au détriment de l’être, du népotisme au mépris de la compétence, de l’hypocrisie déguisée en pudeur et érigée en valeur sociale?

De quoi SÉNÉGAL est-il le nom ? Est-ce le nom d’une nation où l’argent-roi structure les rapports sociaux, où l’argent vaut mieux que l’intégrité, où la politique constitue un métier comme un autre, permettant de s’enrichir tout en s’achetant un brevet de bonne conduite sociale à coups de largesses?

Par ces lignes qui terminent ces interrogations, il est facile de constater qu’Ousmane Sonko se définit comme un révolté contre un Sénégal où la méritocratie, l’argent gagné à la sueur du front, le « respect des règles de droit établies » sont bafoués. Comme tout bon patriote qui veut que son pays émerge en mettant un terme à toutes les injustices sociales et politiques dont le peuple est victime, la bataille de Sonko consiste à « prendre conscience des autres, toujours tenter de concilier son intérêt propre avec l’intérêt des autres », c’est-à-dire l’intérêt de la communauté sénégalaise. Et malgré cette prise de position de l’ancien inspecteur des Impôts et des Domaines, certains le traitent de tous les noms d’oiseaux. Quel aveuglement de la part de ces derniers ! Mais rassurez-vous que le chien aboie et la caravane passe. Que vous l’aimiez ou pas, Ousmane Sonko reste à jamais un modèle, un mentor incontesté, un fervent défenseur de sa communauté, de sa nation, de son pays.

  1. Sonko, « Vitam impendere vero » était la devise de Jean-Jacques Rousseau qui, toute sa vie, a combattu pour la vérité contre les forces obscures. Vous n’en avez pas écrit la formule sur de comiques pancarte pour endormir davantage un peuple anesthésié. Vous en vivez la philosophie. Bon vent !

 

Par Samba DIAMANKA étudiant en Master 1 à la section de Lettres Arts et Communications de l’UGB/ST-Louis

 

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